Il était une fois, au village de Boulma, une retenue d’eau
pluviale qui conservait de l’eau jusqu’à la fin de la saison sèche,
barrage qui fut malmené par un entrepreneur de travaux publics
indélicat, puis démoli par des villageois à la suite d’inondations de
leurs concessions situées en dessous.
Depuis près de 10 ans, les notabilités de Boulma nous demandaient, à
chacun de nos séjours, si nous pourrions faire réhabiliter correctement
ce barrage. C’était nous amener à des travaux dépassant très largement
nos possibilités financières.
Après avoir pu payer le bouli de Namassa en 2006, nous avons rêvé au
barrage de Boulma et estimé très vite que le rêve devait devenir
réalité. Ce fut alors un travail acharné tant sur les plans technique
que financier.Sur une proposition d’Ingénieurs Sans Frontière Lyon, nous
avons eu deux réunions de travail dans la banlieue lyonnaise, après
quoi il s’est avéré que nos objectifs n’étaient pas assez convergents.
Nous nous sommes adressés alors à l’entrepreneur de Ouagadougou qui
avait réalisé le bouli de Namassa. Il a fait une étude technique
préalable, mais son état de santé ne lui permit pas d’aller plus loin.
Le dossier de demande d’autorisation administrative fut remis au
Haut-Commissaire (= Préfet français) qui nous la délivra après un rappel
de notre part (nous sommes en Afrique).
Dans le même temps, nous faisions d’innombrables démarches pour
tenter de réunir le financement : le devis se montait à 64.919 €, étude
technique comprise. Cela a signifié plus d’une cinquantaine de
rendez-vous, démarches, dossiers, courriers auprès de personnalités et
d’organismes divers, en vain. Et voilà qu’une personne, amie d’un
adhérent convainquant, nous annonce un don de 60.000 €, en novembre
2009, alors que nous étions à Boulma. Cette somme nous est arrivée le 21
décembre, jour du solstice. Que cette personne soit ici très
chaleureusement remerciée. En outre, plusieurs adhérents ont réuni 8273
€. Le supplément sert à payer de petits frais annexes et à aménager les
rives.
Aussitôt, grâce à un
hydraulicien connu par un jeu de relations, nous avons pris contact avec
l’Entreprise Derek Lungren. M. Lungren (un descendant d’immigré
canadien) a accepté de commencer le travail le 8 février 2010 et de le
terminer en mai, avant les pluies. Ce chantier fut rondement mené grâce à
une main d’œuvre embauchée sur place et à des villageois bénévoles,
interrompu toutefois par une forte pluie hors saison en avril.
La réception provisoire des travaux eut lieu le 25 mai après visite
de l’ouvrage par 2 hydrauliciens, l’un que nous connaissions, l’autre de
la Direction Provinciale de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des
Ressources Halieutiques. La réception définitive et le paiement du solde
auront lieu en mai 2011.
Ce barrage est constitué de blocs de béton cyclopéen (grosses pierres
noyées dans le béton pour en assurer meilleures stabilité et inertie,
pas de ferraille qui coûte trop cher). Un large déversoir y est aménagé
pour absorber les plus fortes crues.
La quantité d’eau retenue est estimée à 500.000 m3 pour un bassin
versant de 145 km2 et une pluviométrie annuelle moyenne de 600 à 800 mm.
Les abords seront partagés en zones empierrées pour l’abreuvage et en
espaces de culture de maraîchage et de riz. Actuellement, il est déjà
plein et abrite des poissons et des caïmans.
Le barrage a été officiellement le 22 janvier 2011.